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Alors que la plupart des épreuves du baccalauréat viennent juste de prendre fin, Benoît Hamon a annoncé hier son souhait de mettre en place une conférence nationale sur l’évaluation des élèves. Cette intention répond à une réalité importante. Le Syndicat Général des Lycéens compte s’investir dans cette réflexion notamment en faisant valoir les idées qu’il porte dans son projet.

Les notes : un mode d’évaluation à nuancer…

Pour le cas du lycée, le système d’évaluation actuel répond à une mission importante : évaluer les progrès, le travail et le niveau de chaque élève. Pour autant, il est loin d’être parfait, généralement vu comme une source d’anxiété et de découragement pour les élèves, comme le souligne le rapport PISA 2012. En effet, il occupe une place centrale, et incontestable : un chiffe reflète une performance, et la moyenne trimestrielle, tend à incarner le niveau. Pourtant, ce chiffre ne se base pas constamment sur un barème bien défini, ce qui peut entraîner des incompréhensions. Les notes varient aussi d’un professeur ou d’un lycée à l’autre. Au final, cet outil qui prend toute son importance dans les dossiers scolaires n’est pas infaillible et ne reflète pas tout !

L’impact de ce système est donc important sur les élèves : est-il productif ? Si sa fonction est de souligner les progrès, la note reste un outil figé qui devrait être mis en perspective avec les progrès, les appréciations et l’investissement plutôt que de rester le seul moyen d’évaluation. Plusieurs solutions peuvent d’ores et déjà être envisagées : accorder davantage de place aux appréciations et au profil de l’élève en ne prenant plus seulement en compte la moyenne générale mais les acquis de chaque matière. Enfin, il faut développer des moyens alternatifs pour sanctionner l’acquisition des compétences et des savoirs enseignés, comme des devoirs qui n’indiquent que le statut d’une compétence : en Economie-droit par exemple, la capacité à mettre en application des règles sur des situations conrètes n’a pas besoin d’être forcément mesurée par un chiffre. Ce savoir-faire peut plutôt être qualifié « non acquis », « en cours d’acquisition » ou « acquis ». Ainsi, sans avoir recours systématiquement au notes et sans pour autant les supprimer, il s’agit là de leur enlever un peu de permanence au profit d’un contexte plus adapté.

Il n’est donc pas question pour le SGL de supprimer la notation, mais de gommer ses défauts en adaptant son rôle, pourquoi pas en modifiant sa forme pour plus d’efficacité et de transparence.

… qui reflète les difficultés auxquelles est confronté notre système éducatif

Rien n’est acté et le SGL reste attentif aux différentes actualités de la consultation.

Est-ce que cette conférence, qui sera présidée par le Recteur de l’académie de Rennes, prendra en compte l’avis des élèves ? Annoncés comme membres du jury, ils sont pourtant les premiers concernés par la question et pourraient apporter au débat un précieux éclairage sur le ressenti des élèves. Rappellons que les instances actuelles de consultation des lycéens ne s’emparent toujours pas de ces sujets primordiaux. Soyons également attentifs au champ d’action de cette conférence : la priorité accordée au gouvernement à la réforme de l’école primaire et à la réforme des programmes du collège, doit aussi toucher le lycée !

Enfin, au delà d’une réforme de l’évaluation, il faut aussi se pencher sur ce qui fonde les difficultés et pas sur ce qui les reflète : les rythmes scolaires, la pédagogie, ou l’orientation non choisie. Le SGL se réjouit de la réflexion engagée sur ce sujet important. A nous de trouver un consensus entre méritocratie scolaire et accompagnement plus souple de l’élève pour donner du sens et de la légitimité à cette dernière.