Tous les médias en parlent, la rentrée arrive à grand pas. Alors que débutent les achats des fournitures scolaires, la hausse du coût de la rentrée est pleinement constatée par les parents.
Trop chère la rentrée ? C’est également le sentiment de Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale, de la jeunesse et de la vie associative pour qui l’économie et de rigueur même pour la formation de la future génération, celle qui se retrouvera bientôt sur le marché du travail. Après un nombre de suppressions de postes croissant ces dernières années et malgré une contestation importante de l’ensemble de la communauté éducative et d’une grande partie de la classe politique, la rentrée 2011 s’annonce encore une fois sous le signe de l’austérité. Des professeurs recrutés sans concours, faute de candidats, se retrouveront après quatre jours de formations, devant une classe de 35 élèves avec la consigne de leur faire cours. Débordés, les enseignants seront accusés, à tort, de ne pas faire correctement leur travail et porteront la responsabilité des scores catastrophiques de la France au classement PISA.
Mais ne cachons pas les faits : de plus en plus d’élèves poussent chaque année la porte du lycée, et cela tendra à s’accélérer dans les années à venir, lorsque les élèves du baby-boom de l’an 2000 souffleront leurs quinze bougies et entreront dans la phase terminale des études du second cycle. Malgré une campagne assurant le recrutement de 17 000 enseignants supplémentaires, c’est bien 16 000 postes de professeurs qui sont supprimés cette année. Ceux qui restent auront des classes plus chargées, plus de travail et une formation quasi-inexistante pour certains d’entre eux. Des consignes drastiques leur seront données et ils devront assurer toujours de meilleurs résultats pour honorer le système éducatif français. Métier autrefois fortement reconnu, la profession d’enseignant n’attire plus grand monde. En cause, la difficulté croissante d’enseigner, due à un manque de moyen et obligeant à terminer un lourd programme avec une classe surchargée.
L’accompagnement personnalisé, réclamé par les lycéens et mis en place dans le cadre de la réforme du lycée est inefficace dans les conditions actuelles : des groupes de vingt lycéens sont formés, faute de moyen supplémentaire, pour assurer l’accompagnement « personnalisé à une vingtaine ». Où est l’intérêt d’une telle pratique, qui sera cette année également mise en place pour la classe de Première ? De plus, malgré la suppression de 4500 professeurs d’EPS depuis 2007, la formule « cours le matin, sport l’après midi » est étendue à 125 établissements. Il est sûr que certains ne pourront pas assurer les cours, en raison du manque d’enseignants. Pour ces raisons, le Syndicat Général des Lycéens s’est toujours opposé à la mise en place de la réforme des lycées. En tant qu’association de défense des droits lycéens, le Syndicat Général des Lycéens aimerait qu’une véritable réflexion soit menée pour que les lycéens se sentent réellement concernés par l’éducation qui leur est offerte, pour que la démocratie lycéenne ne soit plus bafouée et que les moyens nécessaires soient mis en place pour dispenser une véritable éducation à la génération montante. Ainsi, formée correctement, elle aurait plus de chance de se hisser sur le marché du travail. Les choix actuellement faits par le gouvernement vont à l’encontre de cette logique et assurent un mauvais avenir.
Le Syndicat Général des Lycéens affirme que chaque élève est unique et rend donc chaque classe différente de toute autre. C’est pour cette raison que le professeur est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour les élèves. Il serait donc préférable d’écouter les revendications justifiées des enseignants, de leur faire confiance et de leur donner les moyens nécessaires pour la mise en place de projets plutôt que de les enfermer dans une logique de fatalité face aux économies à réaliser pour participer à l’effort commun et réduire ainsi la dette française. Il est temps de voir plus loin que le bout de son nez et de penser aux années à venir, qui ne peuvent être belles que si l’éducation d’aujourd’hui va bien.
Malheureusement, la rentrée approche et tout va mal. Monsieur le Ministre, il vous reste deux semaines.

25 août 2011
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