Réaction du SGL suite à la manifestation du jeudi 30 septembre, à Chauny

Pour le SGL, c’est un signal fort : Jeudi dernier, les lycéens d’une ville touchée par un chômage de masse, et gangrénée par des groupuscules grandissants d’extrême droite, refusant cette fatalité, ont décidé de prendre en main leur avenir. De manière autonome, ils ont organisés un sit-in où ils étaient près de 500 lycéens (soit  un tiers des élèves du lycée Gay-Lussac) pour dénoncer la reforme injuste et inefficace des retraites mais aussi la réforme régressive du lycée ainsi que les suppressions de postes de professeurs qui dégradent les conditions d’étude et rendent les remplacements difficiles voire impossibles. Ils ont aussi observé durant le défilé une minute de silence en souvenir des luttes sociales des Nexans. Pour le SGL, cette mobilisation est un signal fort et nous tenons à saluer autant l’initiative des lycéens que leur comportement solidaire et respectueux envers leurs ainés.
Nous déplorons cependant la polémique qui se porte plus sur la forme que sur le fond. En effet, le préavis de manifestation de trois jours n’a pas été déposé à la préfecture comme cela aurait dû être fait. Surprises et mal préparées, les autorités et l’administration du lycée ont réagit de manière disproportionnée.
Si aujourd’hui, la préfecture de police, et l’administration du lycée reprochent  ce manquement, le SGL, porte parole des lycéens, s’interroge  sur ses causes. Depuis des années en effet,  le SGL dénonce le manque de formation lycéenne sur les questions des rôles, des droits et des devoirs des citoyens. Nous reprochons au proviseur de mettre cette faute sur les lycéens alors même que dans son établissement, certains cours d’ECJS (Education Civique Juridique et Sociale) sont dénaturés et non conformes aux lois de la République !
Cette hypocrisie est pour nous insupportable et scandaleuse car on reproche aux lycéens de s’intéresser à leur avenir, de mobiliser et de se mobiliser contre la casse de l’éducation, de s’impliquer dans une démarche citoyenne dans les débats publiques, nécessaires pour faire vivre une société démocratique. Aujourd’hui, ce sont les lycéens qui font preuve de courage, et de sens des responsabilités. Par conséquent, nous ne comprenons pas  l’attitude du proviseur du lycée Gay Lussac, uniquement  répressive, illégitime, et peut être même illégale !
D’abord, nous demandons la levée immédiate des sanctions prononcées par le proviseur qui sont pour nous plus assimilables à une faute professionnelle qu’à  la mesure pédagogique adéquate. En aucun cas, l’exclusion n’est une mesure  acceptable pour punir un engagement citoyen, et qui plus est dans un contexte d’urgence sociale ! En effet, l’exclusion est une sanction haute en conséquence au niveau du cursus de l’élève et de son carnet scolaire. Il est tout a fait surréaliste que trois de ces exclusions aient été faites « pour l’exemple », c’est à dire « au hasard » dans les manifestants.  Quatre autres élèves ont étaient exclus selon les rumeurs : ils seraient des « meneurs »… Le SGL tient à rappeler que nous sommes au XXI° siècle, que l’Inquisition est d’un autre temps et que les proviseurs ne font pas ce qu’ils veulent dans leurs lycées. En effet, il y a des procédures à respecter. Cette situation n’est pas sans rappeler celle de Tristan Sadeghi, surnommé dans la presse le « lycéen bloqueur », qui avait dans un premier temps été exclu du lycée Maurice Ravel à Paris. Il avait eu, avec le soutien des organisations lycéennes, gain de cause. Il serait donc dommage que le proviseur du lycée Chaunois se risque à se ridiculiser publiquement en démontrant son manque de compétences à gérer les situations conflictuelles.
Nous rappelons aussi que la manifestation est un droit reconnu par la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen et que cela constitue un motif valable en cas d’absence et ne peut faire l’objet de sanctions tel qu’un « zéro », un avertissement, un blâme, une exclusion, ou une retenue (Lire le Code de l’éducation…).
Toutes les tentatives de déstabilisation des luttes lycéennes par l’administration de ce lycée sont inacceptables et contraires au Code de l’éducation qui garantit le respect de la liberté de conscience et d’expression de chacun. En outre, nous mettons solennellement en garde le proviseur qui aurait –d’après nos camarades- menacé de sanctions les lycéens qui se rendraient aux prochaines manifestations (Appel aux parents « Si votre fils manifeste mardi, on l’exclura de Gay-Lussac, pour une raison ou pour une autre ». En d’autres termes, l’administration reconnaît que l’exclusion pour cause de « manifestation » est illégale mais puisqu’elle veut « des têtes », elle pourrait trouver des prétextes).
Le SGL restera sur ses gardes et suivra l’issue de ces évènements avec attention. Le rectorat et les autorités compétentes seront rapidement saisis si aucun changement de la part du proviseur n’a lieu. Les parents d’élèves sont aussi conviés à le faire.
Nous tenons à saluer une nouvelle fois l’engagement courageux de tous les lycéens qui ont participé à  cette première mobilisation d’envergure et les invitons le renouveler mardi 5 octobre à 10h devant Gay-Lussac encore plus nombreux, avec les professeurs, les parents d’élèves et pourquoi même Monsieur Jacques Tabary !
Ensemble, protégeons notre éducation,
Luttons pour notre avenir,
Construisons la société de demain !
Le Syndicat Général des Lycéens, présent au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) avec un élu sur trois, majoritaire au CNVL (Conseil National de la Vie Lycéenne).

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